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23 juin 2009

..:: RELEASE ME ::..

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Ne vous est-il jamais arrivé d'avoir d'interminables discutions à en perdre réellement le sujet pour lequel vous discutez où plus souvent vous vous disputez ? Le sujet d'où tout est parti...
La loi de Godwin est un adage, partie du folklore Usenet, énoncé en 1990 par Mike Godwin : « Plus une discussion sur tout et n'importe quoi dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s'approche de 1. » Incroyable non ?!
Dans un débat, atteindre le point Godwin revient à signifier à son interlocuteur qu'il vient de se discréditer en vérifiant la loi de Godwin.
Cette « loi » s'appuie sur l'hypothèse selon laquelle une discussion Usenet qui dure dans le temps amène peu à peu les esprits à s'échauffer et à remplacer les arguments par exemple par des insultes, ou à utiliser des arguments ou des analogies extrêmes... (Un peu comme dans la vie en somme).
L'exemple le plus courant consiste à effectuer un rapprochement avec le nazisme, soit en comparant le thème de la discussion avec une idéologie extrémiste, soit en traitant son interlocuteur de nazi. Si le sujet de la discussion était très éloigné d'un quelconque débat d'idéologies, une comparaison inappropriée de ce genre est considérée comme le signe de l'échec de la discussion. En d'autres termes si nous appliquons cette dite théorie dans la vie de tous les jours, nous pourrions changer ces idéologies extrémiste en une « Mauvaise foi » On estime alors qu'il est temps de clore le débat, dont il ne sortira plus rien de pertinent, pour repartir sur des bases saines : On dit que l'on a atteint le « point Godwin » de la discussion, on est bien évidemment à ce niveau de la discussion loin d'un quelconque point ''G '' qui avant cette dispute avait peut être été atteint … ;-)
Bref, cela nous amène de toute évidence à parler de l'existentialisme (exister grace et à travers l'autre) entraînant une vision très pessimiste des relations humaine... En effet, Sartre pense que l’homme est contraint de vivre avec les autres pour se connaître et exister mais que la vie avec les autres prive chacun de ses libertés. L’homme désespéré par sa banalité a construit ses propres illusions pour pouvoir néantiser les autres afin d’être au-dessus d’eux et ainsi s’échapper de la société. Cette vision de la relation à l’autre comme conflit est propre aux philosophes du XXe siècle : Malraux pense que les hommes tentent de donner un sens à leur existence en étant " plus qu’un homme dans un monde d’hommes" (André Malraux, La Condition humaine). Pour Sartre qui a beaucoup été influencé par Hegel, c'est le regard qui dévoile l'existence d'autrui. Le regard ne se limite pas aux yeux car derrière il y a un sujet qui juge. Dans un premier temps, c'est moi qui regarde autrui, de telle sorte qu'il m'apparaît comme objet. Dans un second temps, c'est autrui qui me regarde, de telle sorte que j'apparaisse à autrui comme objet. Pour Jean-Paul Sartre le fait de voir un homme, c’est ne pas le considérer comme une chose, sinon on ne verrait pas un homme mais une chose de plus parmi les choses. Le distinguer des choses c’est établir une nouvelle relation entre lui et les choses, c’est plus simplement se nier en tant que centre du monde. La seule distinction d’autrui en tant que sujet pensant me force à me remettre en question, moi et tout l’univers que je me suis construit, tout l’ordre que j’avais établi entre les choses et moi, le système égocentré que j’avais créé s’écroule soudain par la seule existence d’un être qui, étant aussi capable de penser, est aussi libre que moi et a donc toutes les chances d’avoir une vision du monde qui s’oppose à la mienne. Être vu c’est aussi être jugé. Si autrui me regarde, je suis immédiatement modifié, altéré par son regard : je suis regardé, concerné au vif de mon être. Être regardé c’est agir par rapport à l’autre, c’est être figé dans un état qui ne laisse plus libre d'agir. L'Autre nous fait être. Le problème est que l'autre nous fait être à sa convenance, peut nous déformer à volonté. C'est le drame des personnages de Huis clos qui, sans miroir, ne peuvent se voir que dans le miroir déformant des yeux de l'autre. Ainsi la dialectique du regard commande toutes les relations concrètes avec autrui. C'est le rapport en-soi, pour-soi qui domine. Si l'objet est en-soi : il ne pense pas le monde extérieur, ne se pense pas lui-même, il est enfermé en lui-même. L'homme est à la fois en-soi et pour-soi : lui réfléchit, se voit et voit le monde et par voie de conséquence juge le monde et se juge lui-même. Si l'homme vivait seul, ce serait sans problème car le monde n'existerait que pour lui. Mais il y a les autres et nous devons tenir compte de leurs pensées. Le regard que je jette sur le monde est contredit par celui que les autres jettent dessus. Entre ma pensée et celle des autres s'établit un conflit : nos visions du monde faisant exister le monde différemment, la liberté de l'autre tend à supprimer la mienne en détournant les choses de la signification que je leur donne, en leur en accordant une autre.
En me regardant, l'autre me juge, me pense, fait de moi l'objet de sa pensée. Je dépends de lui. Sa liberté me réduit à l'état d'objet, d'en-soi. "Je suis en danger. Et ce danger est la structure permanente de mon être pour autrui" (L'Être et le Néant). En un certain sens, je pourrais jouir de cet esclavage sous le regard d'autrui car je perds ma position de sujet libre, je suis devenu objet, privé de liberté et par conséquent de responsabilités. Mais ce n'est qu'une illusion car je ne peux échapper à ma position de sujet. Ma réduction à l'état d'objet ne le permet pas. Pire, elle sollicite cette position de sujet et ceci car pendant que l'autre me juge et fait de moi son objet, je le juge aussi, c’est-à-dire que je fais de lui mon objet, je suis donc son sujet. En me pensant, l'autre établit un jugement sur moi, jugement dont je vais tenir compte désormais pour me connaître. Autrement dit, l'autre m'oblige à me voir à travers sa pensée comme je l'oblige réciproquement à se voir à travers la mienne. Je dépends de l'autre qui dépend de moi. C’est une déformation constante d’autrui selon la volonté de chacun. Plus une conscience se sent coupable, plus elle aura tendance à charger autrui pour se défendre de son jugement. Les bourreaux de Mort sans sépulture, par exemple, veulent faire croire aux victimes qu'elles sont coupables.
Il est possible d'envisager une situation idéale où le conflit entre les libertés de chacun se désamorce. Cette situation pourrait être l'amour. En effet, ce sentiment permet de ne pas redouter le regard d’autrui. Je veux être l'objet de l'autre puisque je veux qu'il m'aime et de plus, m’aimant, l’autre fait de moi un objet sublimé, grâce à lui j’échappe à ma liberté et à mes responsabilités. Je veux donc qu'il soit mon sujet. Or l'autre veut également que je l'aime, que je fasse de lui mon objet. Quand j'accepte de perdre mes prérogatives de sujet en devenant objet, l'autre qui fait de même, accepte que je sois son sujet. Ainsi les amants étant deux sujets acceptant chacun leur chosification, l’existence sans conflit est possible. Mais, ceci n’est qu’une illusion, car comme les deux amants veulent être l’objet de l’autre ils éprouvent l’autre comme étant le sujet dont ils sont objet et non l’inverse. Autrement dit, un couple solitaire peut, sur le mensonge, édifier un équilibre plus ou moins stable. Avec une tierce personne, l'illusion se dissipe nécessairement comme l'illustre le trio de Huis clos : l'amour est impossible à trois. Ainsi, l'amour réel ne peut qu'osciller entre deux extrêmes : le masochisme (où l’on se fait objet) ou le sadisme (où l’on se fait sujet). Le désir "normal" est toujours sadomasochiste. Pour Sartre, l’indifférence est aussi une illusion. Effectivement, ce sentiment tente de nous faire croire à notre supériorité sur l’autre. Mais en réalité l’indifférence ne libère pas d’autrui cela car la seule pensée fait de la présence de l'autre un objet. Même en s’efforçant de le néantiser, l’homme ne peut s'empêcher de penser autrui, de rester un sujet qui le considère comme objet. La haine est le sentiment inverse, elle vise à supprimer l'autre comme sujet pensant. Mais, haïr c'est reconnaître qu'on ne peut supprimer l'autre, que cet autre est un sujet contre lequel on ne peut rien faire d'autre qu'élever des cris, des malédictions. La violence est l'aveu de l’incapacité à le faire disparaître.
Ainsi l’illusion est générale. Ni l'amour, ni la haine, ni l'indifférence, ne peuvent faire sortir les hommes de l'enfer dans lequel ils sont tous plongés puisqu'il y a les autres, puisqu’il faut tenir compte de leur présence et de leurs jugements.
Le désir sexuel resterait le seul moyen de vivre en parfaite communion avec l’autre. Mais c’est là encore une manifestation de la mauvaise foi et un outil du narcissisme, mais il est lui aussi voué à l’échec. Le désir c’est la chute dans la complicité avec le corps, c’est le dévoilement de son existence. On se laisse envahir par le corps, on cesse de le fuir. Il envahit la conscience qui glisse vers un état assez semblable au sommeil. Désormais passive, il la submerge, l’envahit, la rend opaque à elle-même et compromet ainsi l’individu En effet cela flatte d’être désiré, d’attirer sexuellement, mais on est alors aussitôt réduit de l’état de personne à l’état de corps, alors pour se défendre, on fait du respect une essence du partenaire, qui par mauvaise foi devient pour nous obligatoirement respectueux comme la table a obligatoirement des pieds. Le désir est désir de l’autre, désir de devenir son objet, homme ou femme-objet, il requiert donc automatiquement l’autre même si ce dernier est absent. Nous voulons l'autre comme sujet mais nous n'avons que son corps, sa conscience est insaisissable, c’est pourquoi il est possible de saisir les yeux du corps mais non le regard du partenaire. Nous pouvons alors choisir librement de nous faire submerger par la chair, de vouloir le corps de l'autre mais alors, le corps de l'autre n'est plus un Autre, c'est un corps, qui seul, n’est là pour rien. Ainsi contrairement à la faim ou à la soif qui sont des besoins qui disparaissent en même temps qu’ils sont accomplis, le désir sexuel est toujours décevant et l’Homme reste sur sa faim, toujours à la quête de l’assouvissement d’un besoin contradictoire, qu’il est impossible d’assouvir pleinement.
La mort est, chez Sartre, le revers de la liberté. La mort sartrienne n'est pratiquement plus rien. Pire, elle est le triomphe d'autrui ! Une fois mort, on n'existe plus que par l'autre tant qu'il pense encore à nous et, par là même occasion, fait de nous un objet. Mort, je ne suis plus qu'un en-soi livré à l'autre. Le pire c’est qu’autrui lui-même n'a qu'une existence vouée à la disparition. Mourir, c'est donc n'exister qu'à peine en un autre qui, en disparaissant, fera disparaître l'ombre d'existence qui nous restait encore. La mort est le néant. L'angoisse ne lui appartient même pas car c'est être libre qui est angoissant. La mort supprime tout comme un cataclysme imbécile. Elle est extérieure et contingente et rend la vie absurde : "Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre. "
Je serais tout de même personnellement optimiste en finissant et pensant que l'amour peut sauvait certains aspects de l'existence...

Et vous... Qu'en pensez-vous ?!?